
Chroniques
de l'Auvergne violette
Je n’ai pas reçu beaucoup de cartes de vœux cette année. On préfère aujourd’hui s’acquitter de cette corvée par téléphone ou courrier électronique. Il n’y a plus guère que de lointains
arrière-petits-cousins pour m’adresser encore régulièrement leurs hideuses cartes bon marché, où l’on voit des paysages d’hiver rehaussés de givre scintillant. On n’écrit plus, on ne sait
peut-être plus écrire — je veux dire qu’on a oublié les règles les plus élémentaires du commerce épistolaire. Oh ! ces missives commençant par un péremptoire « Bonjour madame
Chose », quand ce n’est par un bonjour sans queue !
Pour ce qui me concerne, si j’envoie chaque année quelques cartes de moins que l’année précédente, c’est pour d’autres raisons : mon carnet d’adresses, comme ces livres dont parle Proust,
sera bientôt pareil à « un cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés ».
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