
Chroniques
de l'Auvergne violette
Je n’ai jamais aimé Bernard Pivot, ses dictées idiotes, son côté voyageur de commerce trop bien nourri, sa jovialité vulgaire ; mais j’ignorais encore qu’il avait osé publier, sous le titre Cent mots à sauver, une maigre compilation lexicale qui relève de l’imposture pure et simple. Il suffit de piquer, au hasard d’un gros dictionnaire, quelques vocables inusités qu’on assortit d’un commentaire qui se voudrait spirituel et le tour est joué. J’ai feuilleté cela au rayon livres du supermarché, où ce genre de littérature a sa juste place, non loin des œuvres d’Amélie Nothomb et de quelques autres écrivassiers de même farine. Disons tout de même — mais est-ce bien une circonstance atténuante ? — que Pivot n’est pas le premier à pratiquer ce genre d’escroquerie. Je crois me rappeler que Michel Tournier — qui n’a pas écrit grand-chose de bon après Le Roi des Aulnes — a commis quelque chose d'analogue il y a déjà quelques années. Pas de quoi être fier. Et pour ce qui me concerne, je préfère parcourir le Littré.
Dans le même ordre d’idées, je note avec amusement que la liste d’opposition aux municipales exhibe un intitulé qui rappelle étrangement celui qu’avait choisi, lors des précédentes élections, l’équipe adverse. Jadis, les sauvages dévoraient, le cœur de leurs ennemis ; les politiques d’aujourd’hui se contentent de s’approprier leurs slogans. C’est à cela qu’on mesure le progrès des mœurs…
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