
Chroniques
de l'Auvergne violette
Que faire durant ces longues journées de pluie, sinon s’adonner à des passe-temps futiles et mélancoliques ? J’aime feuilleter les vieux dictionnaires : si je n’ai plus beaucoup de curiosité, aujourd’hui, pour les mots inconnus, que nous chargeons, enfants, de significations arbitraires, me fascinent, en revanche, les vocables disparus, dont l’oubli répond au silence éternel des bouches qui les ont jadis prononcés.
Un grammairien notait, il y a plus de deux siècles, que les mots vergogne et vergogneux étaient vieux et que l’on ne s’en servait plus. Il semble bien qu’ils aient fini par mourir pour de bon, incapables de survivre à la disparition du sentiment qui justifiait naguère leur usage. Il n’y a plus de vergogne. et, au train où vont les choses, je ne donne pas cher du substantif ridicule…
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