Nous avons depuis quelques jours un très beau temps, presque trop chaud. Les soirées apportent un peu de fraîcheur, les martinets stridents crissent sur le verre bleu-noir du crépuscule. Un peu
moins poétiques, les mofettes des barbecues et les pétarades des pétrolettes : la plèbe réinterprète la cuisine paléolithique — saucisses rose cochenille et brochettes de dinde —, les collégiens,
qu’époinçonne l’imminence des grandes vacances, tournicotent jusqu’à la nuit. La douceur vespérale incline à l’indulgence : si c’est cela, leur bonheur… Je vais faire un brin de toilette : mes
neveux doivent passer me prendre pour aller dîner d’une friture dans les gorges de la Sioule. Je ne radoterai pas : je ne parlerai pas des goujons que nous pêchions, enfants, pieds nus et
bouillant l’eau…
par Rose Chapotel
Vendredi 27 juin 2008
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