
Chroniques
de l'Auvergne violette
Il fait très froid. Les mésanges ont repris, comme chaque année à pareille époque, leur ballet autour des mangeoires, qu’il faut quotidiennement regarnir de graines de tournesol. Les gelées nocturnes ont cuit les capucines, roussi les hortensias. Une pomme rouge solitaire s’accroche encore à sa branche…
Je feuillette, au coin d’un feu métaphorique, le troisième volume des Écrits de Gustave Roud. Une prose magnifiquement mélancolique, à propos du temps qui passe, de la vie qui s’écoule, inexorablement : « Cette demeure que je n’ai plus la force d’assumer s’enlise dans les herbes mauvaises, sournoisement, les pierres des murailles descellées, une mousse aveugle sur chaque tuile, au cœur du jardin qui s’ensauvage sans retour… Une à une, les plantes usées s’effondrent sous l’ortie et le chardon ; la clématite mauve est morte. »
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