
Chroniques
de l'Auvergne violette
Un peu déçu, mon facteur, quand je lui ai fait savoir que je n’avais pas l’intention d’accepter son calendrier prétexte ; qu’il me paraissait peu décent de venir réclamer des étrennes lorsque l’on a un emploi stable et un salaire assuré ; que les éboueurs ne seraient pas mieux traités, d’ailleurs, et que je réservais l’argent ainsi économisé à une œuvre caritative… Apitoyée par la mine penaude du jeune homme, je lui ai tout de même offert une bonne bouteille de bordeaux, qu’il a prestement glissée dans sa gibecière. « Ça ne fait rien, a-t-il conclu, autrefois les gens donnaient parfois un poulet ou autre chose… » J’espère qu’il boira mon bordeaux avec tout le respect qu’il mérite.
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